Discours de notre maire, André Rocchi.
Le 14 juillet est bien plus qu’une date de notre histoire. Il est le symbole d’une espérance.
En 1789, le siècle des Lumières faisait naître une immense espérance. Celle d’un peuple qui voulait reprendre son destin en main et bâtir une société fondée sur trois principes qui, aujourd’hui encore, sont gravés sur les édifices de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité.
Quelques mois plus tard, lors de la Fête de la Fédération, des femmes et des hommes venus de toutes les provinces choisissaient de se rassembler. Ils ignoraient ce que l’Histoire leur réservait, mais ils partageaient une conviction : celle qu’un avenir nouveau pouvait être construit ensemble.
Plus de deux siècles plus tard, cette espérance nous oblige encore.
Ces trois mots ne sont pas seulement un héritage. Ils sont une responsabilité.
La liberté ne peut être seulement celle d’hier. Elle doit devenir une liberté d’avenir. Une liberté qui permette d’agir, d’innover, de créer, d’entreprendre, de décider. Une liberté qui fasse confiance plutôt qu’elle ne soupçonne, qui accompagne plutôt qu’elle ne contraigne. Car une société qui doute de sa capacité à agir finit toujours par douter de son avenir.
L’égalité, elle non plus, ne peut rester un principe abstrait. Nous ne naissons pas tous avec les mêmes chances. La République a toujours eu le devoir de réparer cette première injustice de la vie. Longtemps, cette mission s’est incarnée dans des femmes et des hommes qui donnaient davantage que leur fonction : un professeur qui relevait un enfant en difficulté, un médecin qui ne comptait pas son temps, un bénévole qui tendait naturellement la main. Aujourd’hui, non par manque de volonté, mais parce que nos organisations sont devenues toujours plus complexes, cette disponibilité se raréfie. Nous devons retrouver une société qui protège les plus fragiles sans décourager le travail, la responsabilité, le mérite et l’engagement. L’égalité ne consiste pas à effacer les différences ; elle consiste à donner à chacun les moyens de construire son avenir.
Enfin, la fraternité. Sans elle, la liberté devient individuelle et l’égalité reste théorique. La fraternité se vit. Elle se construit chaque jour. Dans nos familles, dans nos associations, dans nos écoles, dans nos villages. Elle existe lorsqu’une main se tend, lorsqu’un voisin aide un autre voisin, lorsqu’une génération transmet à la suivante. Elle recule lorsque la violence, le repli sur soi ou l’indifférence prennent le dessus.
Alors, quel héritage voulons-nous laisser ?
Certainement pas celui de nos peurs. Nos enfants n’ont pas besoin que nous leur apprenions à redouter demain. Ils ont besoin que nous leur donnions confiance. Ils ont besoin que nous leur transmettions le goût d’entreprendre, le droit d’essayer, le courage de se tromper, l’envie de construire.
Nos racines ne sont pas faites pour nous retenir. Elles sont faites pour nous permettre de grandir.
Notre responsabilité est d’ouvrir des chemins plutôt que de dresser des obstacles, de faire confiance plutôt que de suspecter, d’encourager plutôt que de décourager.
Je demeure convaincu que l’espérance n’est pas une naïveté. Elle est une volonté. La volonté de croire que notre société peut se réinventer. La volonté de corriger ses dérives sans renier ses valeurs. La volonté de préparer un pays qui fasse davantage confiance à celles et ceux qui veulent construire, transmettre, entreprendre et servir.
C’est pourquoi je crois profondément que nous devons militer pour une liberté d’avenir, afin d’offrir à nos enfants un avenir de liberté.
Cette phrase n’est pas un slogan. Elle est une exigence. L’exigence de bâtir une société plus confiante, plus responsable, plus juste et plus fraternelle.
En ce 14 juillet, retrouvons cette audace qui animait celles et ceux qui nous ont précédés. Retrouvons le goût d’espérer. Le goût d’agir. Le bonheur d’être ensemble. Car une nation qui croit en son avenir est une nation qui reste libre.
Je vous souhaite une très belle fête nationale.
Vive Prunelli di Fium’Orbu !
Vive la Corse !
Vive la République !
Et vive la France !




















